Les Fleurs du Mal ?
C'est en furetant du côté de la pépinière du Musée Villèle que nous avons repéré cette plante incroyable qui n'était pas à vendre... " Et pour cause, me dit le vendeur, nous ne parvenons pas à la bouturer. Seule possibilité : semer !" Je suis donc reparti avec deux cosses en main et un drôle de nom en tête : "aristoloche"... Après quelques recherches, "aristos" en grec signifie "le meilleur" et "lokkos", "accouchement". Cette plante connue aux Antilles sous l'appelation "liane serpent" aurait la prétention médicinale de faciliter les accouchements. En voici une photo au stade juvénile :
Mais c'est la fleur de l'aristoloche qui est la plus fascinante : elle se déploie en deux lèvres rosacées à la manière d'un jabot... Pour tout dire, elle n'inspire pas trop confiance. Cette magnifique liane vous toise d'un air inquiétant du haut de ses cinq mètres... La fleur elle-même mesure jusqu'à 10 cm de long, j'ai hâte de la voir s'épanouir dans le jardin...
(Photo de la fleur : site "Flore de la Réunion")Et pour finir quelques vers... Laissons la parole à l'auteur des Fleurs du Mal, Charles Baudelaire !
Bizarre déité, brune comme les nuits,
Au parfum mélangé de musc et de havane,
Oeuvre de quelque obi, le Faust de la savane,
Sorcière au flanc d'ébène, enfant des noirs minuits,
Je préfère au constance, à l'opium, au nuits,
L'élixir de ta bouche où l'amour se pavane;
Quand vers toi mes désirs partent en caravane,
Tes yeux sont la citerne où boivent mes ennuis.
Par ces deux grands yeux noirs, soupiraux de ton âme,
Ô démon sans pitié! verse-moi moins de flamme;
Je ne suis pas le Styx pour t'embrasser neuf fois,
Hélas! et je ne puis, Mégère libertine,
Pour briser ton courage et te mettre aux abois,
Dans l'enfer de ton lit devenir Proserpine!